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L’oeil vagabond !

Ce n’est pas uniquement la réalité visible qui m’inspire. C’est en lui apposant une interprétation, particulièrement émotionnelle et personnelle, liée à la manière dont on s’immerge, découvre un espace, la poésie d’une géographie,  que l’on peut commencer à ressentir bien d’autres choses en terme d’ambiances de la scène présente.

Entre toutes choses, c’est l’atmosphère, les couleurs, les ambiances, les faits et gestes des hommes qui vivent dans ces territoires que je traverse pour certains, ou sinon, où je fais escale pour d’autres, qui me guide, oriente mon regard.

C’est une fois bien « immergé » dans les paysages où dans la rencontre avec des hommes et des femmes qui me font partager leur passion, que j’arrive à tirer les premiers clichés.

La notion de temps est réellement importante pour moi, même si paradoxalement j’utile des boitiers numériques, où tout est instantané, … il me faut le temps de sentir les choses, gagner la confiance avant d’appuyer !

C’est sur les eaux de la Dordogne où j’ai commencé à oser embarquer un appareil photo à bord de mon kayak. Dans un environnement que je connaissais par cœur, pour parcourir cette rivière de nombreuses fois par semaine dans le cadre d’entrainements.

Depuis, l’investissement physique m’est souvent indispensable pour comprendre le milieu dans lequel j’évolue. Je commence ainsi à glisser au fond du kayak, de mon sac à dos de plus en plus souvent mon appareil photo.

En 1989, c’est le départ pour le Canada, dans les grands Parcs…., un mois de vadrouille seul, mais où je prends connaissance, de tout le potentiel de créativité de mon appareil. Un véritable terrain d’apprentissage se joue pour moi dans ces paysages.

Les voyages s’enchaînent et sans but précis je m’exerce. C’est aussi un complément d’expression agréablement lié à ma passion des sports de pleine nature.

J’apprends seul, mon regard se développe petit à petit … Au fil de mes errances à pied, à VTT, kayak de mer, Ski de rando, …l’appareil me suit au fond du sac à dos, du sac étanche…. Pas toujours simple, risqué, mais mon écriture photographique s’appuie sur ces pratiques de pleine nature qui me permettent d’accéder à des lieux abordant des angles de vue différents.  Au ras de l’eau, au sommet d’une crête, dans les brumes, … Le temps du cheminement, de l’investissement physique m’est nécessaire pour tirer un cliché révélateur de ces paysages traversés.

C’est toujours sur le vif que je construis mes images, en jouant à cache-cache avec les atmosphères. Quand un sujet me parle, je le regarde sous tous les angles pour trouver l’étincelle. Je vis la photo de façon ludique, intuitive, sportive, engagée et joyeuse.

Le mouvement, les transparences, les reflets, les ombres, les chocs thermiques orientent mon œil. La verticalité en montagne, les lignes horizontales en kayak de mer, …

L’engagement sportif est une clé pour moi d’originalité de compréhension de ces milieux, une pulsation dans le rythme de déclenchement des clichés !

Une partie de mon travail concerne la réalisation des images de pleine nature, liée à des itinérances. L’autre, concerne les mains et les gestes, de ces gens qui exercent une passion, un métier dans ces espaces de montagne, de mer, de milieu rural où je fais souvent escale !

Mes premiers travaux se sont orientés vers les paysages, pour ensuite passer à l’humain dans ces lieux, comme mes premières expositions autour du thème des « Enfants des hauts plateaux d’Equateur » – « la jeunesse sur les bords du fleuve Niger », « les lumières du Zerhoum – Maroc », pour passer depuis quelques année à une thématique qui me passionne ; le pastoralisme !

Dans mes voyages en Equateur, Kirghizistan, Afrique Noire, et Maroc, les peuples des montagnes et leurs pratiques pastorales attirent mon attention… mon admiration. Je m’attache particulièrement, à la notion d’itinérance, de parcours, de nomadisme, de transhumance … ! Le monde du pastoralisme résonne en cela.

Un ami berger m’embarque sur les sentiers des estives de l ‘Arbizon. Un déclic depuis dans mon parcours photographique qui oriente mon regard au plus près de cette pratique, mais aussi en tant qu’accompagnateur montagne où je propose de partager la beauté de ces faits et gestes de cette montagne vivante au cours de séjours dans le Soussouéou, en vallée d’Ossau. 

 

 

 

 

 

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